SIGNALÉ / mot aux militants sur la situation de l’UMP

« Comme chacun le sait, et comme je l’ai réaffirmé lors de leur visite en Loir-et-Cher, je n’ai pris parti publiquement ni pour François FILLON, ni pour Jean-François COPÉ.
J’ai voté pour François FILLON, avec l’espoir qu’il serait élu président de l’UMP par une solide majorité et que Jean-François COPÉ pourrait alors redevenir l’excellent président du Groupe UMP à l’Assemblée nationale qu’il a été.
J’espérais un processus qui n’élimine pas un de nos deux meilleurs talents mais, au contraire, un processus qui donne finalement à chacun une des 2 places les plus importantes pour incarner l’opposition nationale.
La formidable mobilisation des adhérents de l’UMP, en Loir-et-Cher comme partout en France, et le sentiment partagé par le plus grand nombre qu’il était difficile de choisir entre ces deux grands talents, ont abouti au score le plus serré qui puisse être imaginé : quelques dizaines de voix de différence sur 150 000 électeurs ! Cette très faible différence de voix correspond à la marge d’erreur que comporte tout scrutin, quelles que soient les précautions prises et la bonne foi de chacun des protagonistes. 
Cette quasi-égalité de voix conduit forcément à avoir un doute sur le sens du résultat et à s’interroger sur la légitimité de l’équipe élue. Sans cette légitimité, « l’élu » est privé de l’autorité nécessaire pour assurer le fonctionnement normal de l’UMP, comme ce serait le cas de toute autre organisation.       
Comment sortir de ce doute sur la réalité du score et donc sur la légitimité de « l’élu » ?
On peut :
1/ Soit s’en remettre aux organismes internes à l’UMP, comme la « COCOE » et la « Commission nationale des recours » : solutions elles-mêmes frappées dans leur légitimité par le doute sur leur impartialité ;
2/ Soit avoir recours à un médiateur : malgré son statut « au-dessus de la mêlée », Alain Juppé a dû renoncer ;
3/ Soit faire appel à la Justice, ce qui est une mauvaise solution compte tenu des délais et du climat que cela instaurerait durablement ;
4/ Soit avoir recours à un référendum, ce qui me semble être la bonne solution car ce sont ainsi les adhérents eux-mêmes qui décident, ou non, de remettre en cause leur vote précédent. Mais il faut que ce référendum intervienne vite et que les deux protagonistes s’engagent à respecter cette procédure de référendum. Il faut aussi que, simultanément, François FILLON suspende ou supprime le nouveau groupe parlementaire « Rassemblement-UMP », et renonce à tout recours judiciaire ; et que Jean-François COPÉ accepte la mise en place d’une « commission paritaire » indépendante de l’organigramme de l’UMP pour organiser de manière incontestable ce référendum.
Je suis profondément attaché à l’unité du groupe UMP de l’Assemblée nationale : c’est la volonté de nos électeurs qui nous ont élus comme candidats d’union.
De plus, je refuse qu’on joue avec les institutions en voulant régler un problème au niveau du parti politique (qui tient sa légitimité des adhérents) par une action au niveau du groupe parlementaire (qui tient sa légitimité des électeurs). Le groupe « Rassemblement UMP » n’est donc éventuellement « compréhensible » que comme un moyen de pression temporaire.
La division de l’UMP serait un cadeau que ne méritent pas le Président de la République et sa majorité. Pire, la division serait une faute contre la France.
Je suis, comme beaucoup de militants et d’électeurs, attristé et inquiet, pour la France qui a besoin d’une opposition forte face à la situation qui se dégrade, et pour les adhérents de l’UMP qui méritent une autre réponse à leur formidable mobilisation civique …
J’organiserai, avec les autres responsables de la fédération UMP de Loir-et-Cher, une réunion militante lorsque la situation sera enfin stabilisée et que nous pourrons ensemble regarder vers l’avenir. »
Patrice Martin-Lalande
Député de Loir-et-Cher
Président de la Fédération UMP 41

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