Mission sur la recherche contre les maladies du bois de la vigne : la presse rend compte de l’avancée obtenue par PML

ESCA

La presse rend compte de l’avancée obtenue par Patrice Martin-Lalande dans le cadre de la discussion du budget pour 2016 : la mise en place par le Ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll d’une mission sur l’état de la recherche concernant les maladies du bois et de la vigne, dont les conclusions devraient être rendues au 2ème trimestre 2016.

Le quotidien La Nouvelle République le fait dans son édition du 27 novembre. L’hebdomadaire Horizons dans celle du 4 décembre.

Savoir où en est la recherche et de quels moyens elle dispose (ici)

« Depuis 2010, j’interroge régulièrement le ministre de l’Agricutlure sur le sujet. Jusqu’ici, on me répondait toujours que le niveau de crédits pour la recherche était suffisant, et voilà tout. Cette fois-ci, le ministre a convenu qu’il était nécessaire de faire le point. Après des années d’optimisme non justifié, c’est enfin une bonne nouvelle. »

Foin d’étiquette partisane, quand ils’agit de la santé du vignoble : Patrice Martin-Lalande, qui avait interpelé Stéphane Le Foll à deux reprises lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2016, se réjouit sincèrement de l’engagement du ministre de l’Agriculture.

Celui-ci a mis en place le 9 novembre une mission chargée de répondre aux deux questions formulées par le député de Sologne : quels sont les niveaux de financement des travaux de recherche sur les maladies de la vigne ? Et ces recherches sont-elles efficacement coordonnées, au niveau national comme au niveau européen ?

Car le ministre l’a avoué, « on n’est toujours pas capable de m’expliquer pourquoi l’arsénite de sodium était efficace contre cette maladie. »

Les conclusions de cette mission, sans doute au printemps prochain, seront très attendues, par Patrice Martin-Lalande comme par l’ensemble du monde viticole.

Rajeunir les vignobles pour préserver la production (ici)

Si les maladies comme l’esca sont un vrai fléau, elles n’expliquent pas seules la baisse de production du vignoble. Un coup de jeune sera peut-être la solution.

C’est une petite victoire que se réjouit d’avoir emporté Patrice Martin-Lalande. Le député de Sologne vient d’obtenir du ministre de l’Agriculture qu’une mission se penche sérieusement sur l’état de la recherche concernant les maladies de la vigne et du bois, au premier rang desquelles figure la terrible esca (lire ci-dessous).

Pas trop tôt, pourrait-on se dire dans les vignobles du département, et en particulier dans les parcelles de sauvignon, un des cépages les plus durement touchés. « L’intégralité du vignoble de Loir-et-Cher est concernée par l’esca, confirme Michel Badier, responsable viticulture à la chambre d’agriculture, mais les parcelles sont atteintes à des niveaux très divers. »

Si les vignes les plus jeunes, entre 5 et 7 ans, sont relativement épargnées, celles ayant entre 7 et 20 ans – soit la période où les ceps sont théoriquement les plus productifs – sont toutes atteintes.

A quel degré ? « L’expression de la maladie est différente selon les années, sans doute à cause des conditions climatiques, précise Michel Badier. En 2011 et 2012, le taux de ceps atteint était de 4 %, ce qui est énorme. Cette année par contre, la maladie s’est faite beaucoup plus discrète, sans doute autour de 1 %. »

Des pertes qui ont bien évidemment une répercussion sur le niveau de production. Les pieds manquants dans les parcelles sont certes remplacés par de jeunes plants – ce qu’on appelle la complantation –, mais il faut 8 à 9 ans pour que ces parcelles retrouvent leur niveau de production initial.

« Or, le niveau de production des vignobles ne cesse de baisser depuis dix ans, ce qui met en danger la rentabilité des exploitations, souligne Michel Badier. Et les maladies, si elles ont un impact indéniable, ne sont qu’un des facteurs de cette baisse. Ce qui est alarmant, c’est le vieillissement des vignes. »
Le groupe technique national viticulture des chambres d’agriculture dont il est l’animateur a posé unanimement ce constat : le maintien de la productivité viticole passera par une politique dynamique de renouvellement, dont on est encore loin. « Sur les 3.000 hectares de sauvignon en Loir-et-Cher, il faudrait replanter 90 à 100 hectares par an. Or, la moyenne constatée sur ces dix dernières années n’est que de 58 hectares par an… »

Et ce sauvignon, particulièrement sensible à l’esca, mériterait également de jeunes plants issus de vignes mères, elles aussi renouvelées. « On limitera d’autant plus les risques de fournir des greffons atteints par l’esca, en utilisant un panel varié de clones pour les vignes mères, et en rajeunissant celles-ci » assure Michel Badier. La sève de la jeunesse éloigne les maladies, pour les vignes comme pour les humains.

 

Repères : une maladie toujours préoccupante

> L’esca est la plus préoccupante des maladies de la vigne et du bois, au côté de l’eutypiose. Elle toucherait en France 15 % du vignoble, selon une étude de 2012.
> Des champignons seraient à l’origine de cette maladie, qui touche essentiellement les ceps âgés de 10 à 15 ans.
> Les symptômes apparaissent à la fin de l’été au niveau des feuilles. Dans sa forme la plus sévère, l’esca dessèche le cep et les grappes sans même que les feuilles ne tombent.
> Les cépages les plus touchés selon les études réalisées en 2014 (*) sont le savagnin et le trousseau dans le Jura
(7 à 14 %), l’ugni blanc en Charente (12 %), le gewurztraminer en Alsace (10 %).
> En Touraine, le chenin, le sauvignon et le cabernet-franc sont atteints (4 %), ainsi que dans une moindre mesure le gamay (2 %).
> Pendant un siècle, les maladies du bois ont été traitées avec de l’arsénite de sodium. Ce produit a été interdit en 2001, car classé comme hautement cancérigène.
> C’est à partir de 2008 que la sonnette d’alarme a été tirée, en Loir-et-Cher, face aux dégâts importants constatés dans les parcelles de sauvignon. Mais la prise de conscience ne s’est faite, nationalement, que vers 2009-2010.
(*) Source : rapport d’information parlementaire du 7 juillet 2015.

Catherine Simon

20151204_Interview PML - Ne pas revivre ce qu'ont subi les générations passées