PML introduit le colloque « Audiovisuel français : le rebond ? »

Patrice Martin-Lalande, co-président du groupe d’études sur l’internet de l’Assemblée nationale et rapporteur de la Commission des affaires étrangères pour le budget de l’audiovisuel extérieur, a introduit les 8èmes Assises de la convergence des médias organisées par l’agence Aromates et consacrées au thème de l’« audiovisuel français : le rebond ?« .Colloque_affiche

Colloque_intervention_PML

 

Vous trouverez ci-après le texte de son projet d’intervention (seul le prononcé fait foi).

 

Intervention de Patrice MARTIN-LALANDE

dans le cadre du colloque

Audiovisuel français : le rebond ?

Mercredi 17 décembre 2014

Maison de la Chimie, Paris

 

Mesdames et Messieurs,

Quel rebond pour l’audiovisuel français ? C’est la question que nous nous posons dans le cadre de cette 8ème édition des Assises de la convergence des médias.

Ce thème du “rebond” des médias est d’actualité parlementaire puisque l’Assemblée nationale examinera cet après-midi une proposition de loi “portant diverses dispositions tendant à la modernisation du secteur de la presse” et dont l’exposé des motifs est introduit de la façon suivante :

La presse est aujourd’hui confrontée non pas à une crise conjoncturelle mais à une mutation structurelle d’ensemble de la filière. Le passage à l’ère numérique modifie les modèles économiques des titres de presse mais aussi et surtout les usages des lecteurs de la presse. Elle accélère le rythme de diffusion de l’information, y compris à l’échelle internationale, interroge les modes de lecture entre les formats papier et le numérique, et renouvelle les missions et les modalités d’action des journalistes.

Qu’il s’agisse de la télévision, de la radio ou de la presse, la problématique est largement la même : comment les médias traditionnels doivent-ils se réinventer pour faire de leur convergence induite par le numérique non pas une contrainte mais, au contraire, une ressource et une chance pour rebondir ?

La “convergence des médias” résulte de la “convergence numérique” qui est la convergence de l’informatique, de la téléphonie et de l’audiovisuel permise par la présentation des informations sous la forme de nombres.

La convergence numérique est “tous azimuts” puisqu’elle recouvre tout à la fois la convergence des réseaux (terminaux informatiques, télécommunications téléphoniques et services audiovisuels), la convergence des services (services informatiques, services téléphoniques et services multimédias), la convergence des applications et des offres commerciales (par exemple, le “triple play”) et la convergence des terminaux (un ordinateur personnel sert de terminal téléphonique ou de récepteur radio ou de TV, un terminal téléphonique mobile est aussi un appareil photo, un agenda électronique ou un lecteur de multimédias, etc.).

La convergence numérique sous-tend une véritable révolution technique, économique, fonctionnelle et réglementaire des médias :

 

  • elle se traduit par le développement d’appareils multifonctions, par davantage de relations et d’échanges entre chacun d’eux pour passer d’éléments spécialisés et différents à un ensemble homogène numérique ;
  • elle abolit toutes les parois autrefois étanches qui existaient entre les techniques, entre les disciplines, entre les secteurs d’activités étrangers les uns aux autres. Disparaissent ainsi les segments de marchés différenciés traditionnels entre marché industriel, marché professionnel et marché privé ;

 

  • elle bénéficie à l’usager-consommateur par la réduction des coûts et le développement des services qu’elle permet.

Dans ce contexte de révolution des médias, les médias traditionnels hexagonaux doivent donc impérativement réussir la transition du PAF (paysage audiovisuel français) au “PIF” (paysage internet français).

Comment ? Pour tenter d’y répondre, nous vous proposons ce matin 3 tables rondes :

  1. la 1ère traitera des technologies — “pour faire mieux, plus vite et moins cher” ;
  2. la 2nde traitera des services — “croissance ou cannibalisation du marché ?” ;
  3. la 3ème traitera de l’économie de la production et des conditions de sa réinvention.

Nos échanges s’effectueront sous l’éclairage de plusieurs experts de la révolution numérique des médias :

  • Hervé MATHE, professeur à l’ESSEC et président de l’ISIC (Institute for Strategic Innovation & Services) traitera des impacts de la transformation numérique sur les industries audiovisuelles ;
  • Gilles FONTAINE, directeur général adjoint de l’IDATE, traitera de la position de la France dans la compétition mondialisée ;
  • Christophe TARDIEU, directeur général délégué du CNC, traitera des ambitions que peut nourrir l’industrie audiovisuelle française et européenne sur le marché mondial.

Plusieurs moments d’échanges avec la salle, que je souhaite féconds, sont aussi prévus.

Le tout est animé par le journaliste Julien ALLIOT auquel je vais bien volontiers rétrocéder la parole.

Mais non sans avoir appelé de mes voeux que notre audiovisuel hexagonal sache innover pour faire doublement mentir Napoléon BONAPARTE qui disait que, “dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent” : en France, tachons de faire la révolution numérique des médias et d’en profiter !

Merci.