Quel avenir pour l’audiovisuel français ? Patrice Martin-Lalande intervient sur le financement de l’audiovisuel public dans le cadre des rencontres parlementaires

PML intervient dans les Rencontres parlementaires sur l'audiovisuel

PML intervient dans les Rencontres parlementaires sur l’audiovisuel

Patrice Martin-Lalande, ancien rapporteur spécial du budget de la Commission des finances pour le budget des médias, est intervenu dans le cadre des Rencontres parlementaires sur l’audiovisuel (programme ci-joint) sur, notamment, le financement de l’audiovisuel public et les évolutions possibles de l’assiette de la contribution à l’audiovisuel public (ex-redevance).

« Nous devons assurer un financement prévisible pour le service public audiovisuel, et en même temps, conserver la légitimité de cet impôt. L’ex-redevance a atteint un niveau non négligeable de ponction sur le contribuable. Peut-on aller plus loin ? Nous devons tous réaliser un effort sur la réduction des dépenses. C’est l’objet des contrats d’objectifs et de moyens. La réforme de 2008-2009 avait abouti à fournir à l’audiovisuel public des ressources solides : la redevance, d’une part, et d’autre part, la compensation intégrale de la perte de publicité qui a permis de remplacer une recette aléatoire par une recette assurée. Faut-il élargir l’assiette ? Je suis dubitatif. La loi permet déjà de taxer les écrans donnant accès à la télévision. Le résultat sera faible, nous taxerons seulement quelques jeunes qui regardent la télévision sur leur portable. Pour le moment, la légitimité de la redevance n’est pas trop contestée, mais une hausse trop forte, compte tenu de la place de l’audiovisuel public dans l’offre, pourrait remettre en cause cette légitimité. Ne faudra-t-il pas remplacer le service public de l’audiovisuel par un grand appel d’offres d’émissions de qualité de service public en libre-service comme toutes les autres vidéos à la demande ? Je suis réticent car une chaîne est une invitation à explorer d’autres contenus« 

Patrice Martin-Lalande a cependant rappelé que sa réticence à un tel système d’appel d’offres pour des « émissions de qualité service public » venait du risque de priver le téléspectateur de ce qu’apporte la fréquentation d’une chaîne : la chance de s’exposer à autre chose que ses choix habituels — déjà trop facilement confortés par les moteurs de recherche et autres moyens techniques (ciblage des publicités …) de satisfaire exclusivement, en tout cas prioritairement, ses goûts personnels. Encore faut-il que les chaînes offrent cette attractivité qui fait venir le grand public, une attractivité qui crée une relation de confiance pour « trouver quelque chose à regarder qui m’intéresse », a-t-il ajouté.

Patrice Martin-Lalande a été pendant 10 ans le rapporteur spécial de la Commission des Finances pour le budget des médias, de 2002 à 2012. A ce titre, « PML » a publié 10 rapports budgétaires et plusieurs rapports d’information, notamment sur « la redevance audiovisuelle » (dont il a proposé la réforme de la collecte dès 2003) et « le bilan de la réforme de la redevance audiovisuelle » (constatant en 2008 une économie annuelle de 100 millions d’€), « les conventions collectives des personnels de l’audiovisuel public » (2004), « les comptes et la gestion des opérateurs de l’audiovisuel extérieur » (2008).

Il est l’auteur d’un certain nombre d’avancées pour l’audiovisuel public : l’indexation de la redevance, la garantie du produit de la redevance, les exonérations sociales de redevance, le renforcement des pouvoirs du Parlement pour les « COM », etc.

« PML » a aussi participé en 2008 et 2009 aux travaux législatifs de la « Commission pour la nouvelle télévision publique », dite « Commission Copé », au sein de laquelle il copilota le groupe de travail sur le financement du service public.

Il est le secrétaire du Groupe d’études sur la création audiovisuelle et le cinéma à l’Assemblée.

Programme_rencontres_parlementaires_audiovisuel_16102013